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Santé

Ebola en RDC : l'épidémie franchit la barre des 1 000 morts, la riposte sous tension

La 17e épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo a désormais fait plus de 1 000 morts en RDC et en Ouganda, selon l'OMS. Causée par le rare virus Bundibugyo, pour lequel il n'existe ni vaccin ni traitement homologué, c'est la flambée la plus rapide jamais enregistrée. Sur le terrain, la riposte tient, mais les agents de santé congolais réclament d'être payés.

Ebola en RDC : l'épidémie franchit la barre des 1 000 morts, la riposte sous tension

Introduction

Déclarée le 15 mai dans la province de l'Ituri, à l'est de la République démocratique du Congo, la 17e épidémie d'Ebola de l'histoire du pays a franchi un cap symbolique lourd : plus de 1 000 morts, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé publié le 22 juillet. Le virus en cause, la souche Bundibugyo, est l'une des plus rares et des plus mal connues du genre Ebolavirus. Aucun vaccin ni traitement homologué n'existe contre elle, ce qui complique considérablement la tâche des équipes de riposte congolaises, déjà mobilisées sur cinq provinces.

Une épidémie qui progresse plus vite qu'aucune autre avant elle

Selon l'OMS, la RDC comptait au 22 juillet 999 décès pour 2 473 cas confirmés depuis le début de l'épidémie, auxquels s'ajoutent deux morts sur 20 cas confirmés côté ougandais, où les autorités affirment ne plus avoir de malade actif. Devant l'Assemblée nationale congolaise le 16 juillet, le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, avait présenté un bilan intermédiaire de 2 011 cas et 744 décès, soit un taux de létalité de 37,5 %, avec l'Ituri comme épicentre, suivi par le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo, cette dernière ayant rejoint la liste des provinces officiellement touchées début juillet. Kinshasa, la capitale, n'a enregistré à ce jour aucun cas confirmé, a précisé le ministre pour couper court aux rumeurs.

Fait marquant : cette épidémie se propage plus vite que toutes celles qui l'ont précédée dans l'histoire de la maladie, ce qui en fait déjà la troisième plus importante jamais recensée. La zone de santé de Boga, dans le territoire d'Irumu, a enregistré début juillet son premier cas confirmé, devenant la 25e zone sanitaire touchée en Ituri. Sa position frontalière avec l'Ouganda alimente les craintes d'une propagation transfrontalière, même si les autorités ougandaises assurent avoir maîtrisé leur foyer initial.

Sur le terrain, des agents de riposte qui réclament d'être payés

Face aux députés, le ministre Roger Kamba a reconnu les difficultés opérationnelles : accès compliqué à certaines zones touchées, contraintes logistiques, et manque d'information de certaines communautés sur la maladie. Sa visite à Bunia, capitale de l'Ituri, début juillet, s'est déroulée dans un climat tendu, marqué par la grogne des prestataires de la riposte, qui dénoncent le non-paiement de leurs primes, des disparités salariales entre équipes et des conditions de travail difficiles sur le terrain. Une grève a même repris dans la foulée de la visite de la Première ministre Judith Suminwa à Bunia.

Le ministre a reconnu des dysfonctionnements dans la gestion des ressources humaines et promis des correctifs : « Nous allons régler cette situation. Chaque agent recevra une carte professionnelle servant aussi de carte bancaire afin que les paiements soient effectués directement, sans intermédiaire », a-t-il déclaré. Sur le terrain, les autorités locales appellent au calme : à Boga, le chef de la chefferie des Bahema Boga, John Kabarole Tibasima III, a exhorté la population à respecter les gestes de prévention — lavage des mains, signalement rapide des cas suspects, évitement des contacts à risque — pendant que les responsables de la jeunesse locale se mobilisent pour la sensibilisation communautaire.

Une riposte qui s'organise, entre soutien continental et essais cliniques

Malgré la gravité de la situation, plusieurs signaux témoignent d'une mobilisation à la hauteur de l'urgence. La Banque africaine de développement a approuvé, le 20 juillet, une aide d'urgence de 13 millions de dollars pour soutenir la riposte, un geste de solidarité continentale qui s'ajoute aux financements internationaux existants. Un essai clinique portant sur deux traitements expérimentaux contre la souche Bundibugyo a démarré début juillet, ouvrant une piste concrète là où aucune option thérapeutique homologuée n'existait jusqu'ici. Sur le plan de la prise en charge, l'UNICEF a salué la guérison de plus de 250 patients, dont des nourrissons soignés à Bunia et Nyakunde, un signal encourageant pour des équipes médicales sous forte pression.

Le ministre Kamba affirme avoir opté pour une stratégie de rationalisation : « Nous avons décidé d'avoir un seul plan, une seule équipe et un seul budget », a-t-il résumé, dans un souci de coordination entre les nombreux acteurs mobilisés sur le terrain — ministère de la Santé, coordination nationale de la riposte, partenaires techniques et financiers.

Conclusion

Le cap des 1 000 morts marque un moment grave dans une épidémie qui continue de tester la résilience du système de santé congolais, mais aussi sa capacité à mobiliser rapidement moyens humains et financiers. Entre les tensions sociales chez les agents de riposte, l'absence persistante de traitement homologué et l'appui financier continental qui commence à se déployer, la bataille contre le virus Bundibugyo se joue autant sur le terrain médical que sur celui de la coordination et de la justice sociale envers ceux qui la mènent au quotidien.

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