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Mali : l'ex-patron des renseignements Kassoum Goïta condamné à 15 ans de prison

La Cour d'assises de Bamako a rendu son verdict ce 24 juillet dans l'affaire du colonel-major Kassoum Goïta, ancien directeur des renseignements maliens. Lui et cinq coaccusés étaient poursuivis pour « complot contre l'État ». Verdict : de 7 à 15 ans de prison ferme.

Mali : l'ex-patron des renseignements Kassoum Goïta condamné à 15 ans de prison

Le verdict est tombé en fin d'après-midi ce jeudi 24 juillet dans la salle d'audience de la Cour d'assises de Bamako. Après plusieurs semaines de débats, les juges ont déclaré le colonel-major Kassoum Goïta coupable de « complot contre l'État » et l'ont condamné à 15 ans de prison ferme. Les cinq autres accusés écopent de peines allant de 7 à 12 ans.

L'ancien patron des renseignements maliens, qui avait nié l'ensemble des charges tout au long du procès, a écouté le verdict sans réaction visible, selon des témoins présents dans la salle.

De quoi était-il accusé ?

Kassoum Goïta, homonyme du président de la transition mais sans lien de parenté, dirigeait la Direction générale des services extérieurs (DGSE), les renseignements maliens, jusqu'à son arrestation en 2025. Il lui était reproché d'avoir participé à un complot visant à déstabiliser les autorités de transition.

Pendant le procès, Goïta avait livré une défense offensive. Il avait mis en cause la gestion des affaires publiques par les autorités, dénonçant ce qu'il qualifiait de « dérive du processus de transition ». Une ligne qui n'a pas convaincu les juges.

La défense ne lâche rien

Me Hamidou Diabaté, avocat principal de Kassoum Goïta, a annoncé dans la foulée du verdict que la défense irait « jusqu'au bout des procédures nationales ». Comprendre : appel devant la Cour suprême dans les délais légaux.

« Nous respectons la décision de la Cour, mais nous la contestons sur le fond et sur la forme », a déclaré Me Diabaté devant la presse à la sortie de l'audience. Il a notamment évoqué des « irrégularités procédurales » sans donner plus de détails.

Un procès sous tension

Le procès Kassoum Goïta a été suivi de près par la classe politique malienne et par les chancelleries régionales. L'affaire touche aux équilibres internes de la transition, alors que le Mali prépare les échéances électorales prévues par le chronogramme de l'AES.

Plusieurs organisations de défense des droits humains, maliennes et internationales, avaient appelé à un procès « transparent et équitable », certaines s'inquiétant de la durée de la détention préventive — plus de 18 mois pour certains accusés.

Un observateur judiciaire basé à Bamako, joint par NigerInfos, relativise : « Le verdict est sévère, mais la procédure a été publique, les avocats ont pu s'exprimer librement, et les voies de recours restent ouvertes. C'est un procès politique, certes, mais mené dans les formes. »

Quel impact pour la transition ?

Le verdict intervient dans un climat politique sensible. Le président de la transition, le général Assimi Goïta, doit composer avec une opposition qui réclame un retour rapide à l'ordre constitutionnel, tandis que les autorités insistent sur les réformes préalables — révision constitutionnelle, refonte du cadre électoral, sécurisation du territoire.

La condamnation de Kassoum Goïta, figure respectée dans certains cercles militaires, pourrait creuser les divisions au sein de l'appareil sécuritaire. Mais elle envoie aussi un message : la justice de la transition n'hésite pas à frapper haut.

Reste à savoir si la Cour suprême confirmera ou infirmera le verdict. La défense a désormais 30 jours pour déposer son pourvoi. L'affaire Kassoum Goïta n'a peut-être pas rendu son dernier mot.

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