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Niamey accueille depuis le 10 août la 3ème édition du forum régional Youth Connekt Sahel, avec 400 jeunes venus de dix pays. Reçue au palais présidentiel, la délégation ministérielle repart avec une consigne claire du général Tiani : transformer une jeunesse qui pèse près de 80 % de la population sahélienne en force motrice de la souveraineté régionale. Reste à savoir si les discours déboucheront sur des financements réels, face à un chômage des jeunes qui atteint 23,7 % au Niger.
Un forum régional qui arrive dans un contexte de chômage massif des jeunes
Le Sahel est la région la plus jeune du monde, et le Niger ne fait pas exception : selon l'Institut National de la Statistique, les 15-29 ans y affichent un taux de chômage de 23,7 %, contre 15,9 % pour l'ensemble de la population active, avec un écart marqué entre femmes (25 %) et hommes (11,8 %). C'est dans ce contexte que se tient, du 10 au 12 août, la 3ème édition du forum Youth Connekt Sahel à Niamey, un rendez-vous régional qui réunit environ 400 jeunes venus d'une dizaine de pays sous le thème "Jeunesse sahélienne au cœur de la Sécurité et de l'Innovation pour un Sahel souverain, résilient et prospère". C'est la première fois que le Niger accueille cette rencontre, après l'édition précédente organisée à N'Djamena, au Tchad. Reçue lundi au palais présidentiel à l'issue de la cérémonie d'ouverture, la délégation ministérielle qui pilote l'événement a entendu du président Tiani une consigne claire : transformer cette jeunesse en force motrice de la souveraineté régionale plutôt qu'en simple public de discours.
Un forum régional sous haut patronage, entre sécurité et emploi
La 3ème édition de Youth Connekt Sahel se tient du 10 au 12 août 2026 au Centre international de conférences Mahatma Gandhi de Niamey, sous le thème "Jeunesse sahélienne au cœur de la Sécurité et de l'Innovation pour un Sahel souverain, résilient et prospère". L'événement, organisé par le ministère nigérien de la Jeunesse, des Sports et de la Culture en partenariat avec Youth Connekt Africa, le PNUD, l'UNFPA et l'UNICEF, réunit environ 400 jeunes venus d'une dizaine de pays, ainsi que des ministres en charge de la jeunesse des trois pays de l'AES, du Togo, et un représentant tchadien. C'est la première fois que le Niger accueille cette rencontre, après l'édition précédente organisée à N'Djamena.
Le conseil des ministres nigérien a inscrit cette édition dans le Programme "Jeunesse Employabilité", présenté comme un outil au service de "la souveraineté nationale et de la résilience économique". Lundi 10 août, à l'issue de la cérémonie d'ouverture, le président Tiani a reçu à son cabinet la délégation ministérielle, où siégeait notamment le sous-secrétaire général des Nations unies et administrateur associé du PNUD. Les travaux doivent aboutir vendredi à l'adoption de la "Déclaration de Niamey 2026", censée fixer des orientations politiques et programmatiques pour l'autonomisation économique des jeunes de la région.
Un mot d'ordre : compter sur ses propres forces
Face à la délégation, le chef de l'État nigérien a insisté sur le poids démographique de cette jeunesse, "qui, au-delà de tout, est considérée comme la plus grande population de l'espace, qui est à près de 80 %", et a instruit les participants à "former cette jeunesse à pouvoir compter sur ses propres forces". Une ligne qui s'inscrit dans le discours de souveraineté porté par les autorités de transition depuis 2023, et qui trouve un écho chez les délégations partenaires.
Le ministre délégué togolais chargé de la jeunesse, Adoul Fahd Fofana, a de son côté livré une lecture des consignes présidentielles orientée vers l'action : il s'agit, selon lui, d'"accompagner non seulement cette jeunesse à devenir autonome" mais aussi de "mettre non seulement les financements à la disposition de cette jeunesse". Une manière de rappeler que les discours de mobilisation, aussi mobilisateurs soient-ils, buttent vite sur la question du financement concret des projets portés par les jeunes sahéliens.
Ce forum ne se tient pas dans l'abstrait. Selon l'Institut national de la statistique du Niger, le taux de chômage chez les 15-29 ans atteint 23,7 %, contre 15,9 % pour l'ensemble de la population active, avec un écart marqué entre les femmes (25 %) et les hommes (11,8 %). C'est ce fossé entre les ambitions affichées par les discours officiels et la réalité du marché de l'emploi que le forum est censé contribuer à combler, à travers le renforcement des compétences en innovation et technologies émergentes annoncé par les organisateurs.
Ce qui se joue au-delà du forum
Pour l'AES, l'enjeu dépasse la seule rencontre de Niamey. Faire de la jeunesse un pilier de la "Refondation" – terme central du discours des autorités nigériennes depuis la rupture avec la France – suppose de traduire les orientations de la Déclaration de Niamey 2026 en programmes réellement financés et suivis dans la durée, dans un espace sahélien où les trois pays de l'Alliance affichent une démographie parmi les plus jeunes au monde. La dimension sécuritaire du thème choisi n'est pas anodine non plus : associer innovation et sécurité dans le même forum revient à présenter la jeunesse à la fois comme une ressource économique et comme un enjeu de stabilité, dans une région où le recrutement des groupes armés cible justement les jeunes sans perspectives.
À court terme, l'attention se porte sur le contenu précis de la déclaration finale attendue vendredi, et sur les financements qui l'accompagneront ou non. À moyen terme, la vraie mesure du succès de cette édition se lira dans les mois suivants : combien de projets portés par les jeunes participants auront effectivement reçu un accompagnement, et combien seront restés au stade des bonnes intentions présidentielles.
Le forum Youth Connekt Sahel a le mérite de mettre la jeunesse sahélienne au centre de l'agenda régional, portée par un discours de souveraineté assumé. Mais entre les 400 jeunes réunis à Niamey et les millions de jeunes sahéliens confrontés au chômage, l'écart reste immense. La déclaration de vendredi et son suivi diront si Niamey 2026 marque un tournant ou s'ajoute à la liste des rendez-vous bien intentionnés dont peu de monde se souvient un an plus tard.
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