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RDC : l'épidémie d'Ebola franchit la barre des 1 000 morts, le monde regarde ailleurs

La 17e épidémie d'Ebola déclarée en République démocratique du Congo le 15 mai 2026 a désormais fait plus de 1 000 morts pour plus de 2 500 cas confirmés. Cinq provinces sont touchées par le virus Bundibugyo, contre lequel il n'existe ni vaccin ni traitement approuvé.

RDC : l'épidémie d'Ebola franchit la barre des 1 000 morts, le monde regarde ailleurs

Le chiffre est tombé ce 24 juillet dans le dernier bulletin de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) : 1 023 décès pour 2 547 cas confirmés. En dix semaines, la 17e épidémie d'Ebola qu'a connue la RDC est devenue l'une des plus meurtrières de l'histoire récente du pays.

Cinq provinces sont désormais affectées : Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uele et Tshopo. Un périmètre qui s'étend à mesure que la riposte s'organise.

Un virus sans vaccin

La particularité de cette épidémie, et ce qui inquiète le plus les épidémiologistes, c'est la souche en cause. Il s'agit du virus Bundibugyo, l'une des six espèces connues du virus Ebola, identifiée pour la première fois en Ouganda en 2007.

Contrairement à la souche Zaïre — responsable des épidémies de 2014-2016 en Afrique de l'Ouest et de 2018-2020 dans l'est de la RDC — le virus Bundibugyo ne dispose d'aucun vaccin approuvé. Les doses utilisées lors des précédentes flambées sont inefficaces contre cette souche.

« C'est un retour en arrière de dix ans en matière de riposte », confie un épidémiologiste joint par NigerInfos. « On est revenu à l'époque où on ne pouvait compter que sur l'isolement, la quarantaine et les gestes barrières. »

Une riposte entravée par l'insécurité

Les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu sont parmi les plus instables de la RDC. Des dizaines de groupes armés y opèrent, rendant l'accès humanitaire extrêmement difficile. Plusieurs équipes de l'OMS ont dû être évacuées ces dernières semaines, et des centres de traitement ont été attaqués.

L'insécurité complique aussi le traçage des contacts, pourtant essentiel pour contenir la propagation. Dans certaines zones, les équipes sanitaires n'ont tout simplement pas accès aux villages touchés.

Le silence assourdissant de la communauté internationale

En 2014, l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest avait mobilisé des milliards de dollars, des troupes américaines, des laboratoires européens. En 2026, la réponse internationale est, au mieux, timide.

L'OMS a lancé un appel de fonds de 450 millions de dollars pour financer la riposte. À ce jour, seuls 30 % ont été mobilisés. Les organisations humanitaires présentes sur place — MSF, IRC, ALIMA — fonctionnent en mode dégradé.

L'Ouganda en alerte

Le virus ne connaît pas les frontières. L'Ouganda voisin, qui partage avec la RDC des flux de population intenses, a renforcé la surveillance aux points de passage. Quelques cas suspects ont été signalés côté ougandais, sans confirmation à ce stade.

Une leçon pour l'Afrique de l'Ouest ?

Si la RDC semble loin du Sahel, cette épidémie rappelle une réalité brutale : les systèmes de santé africains restent vulnérables face aux chocs épidémiques. La pandémie de Covid-19 a montré que les virus circulent vite. Ebola Bundibugyo, sans vaccin, rappelle que la prochaine crise sanitaire majeure n'est qu'une question de temps.

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