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Humanitaire Niger : Bulletin mensuel du Cluster-Santé N°4 - 2026

Situation Report FR

Niger : Bulletin mensuel du Cluster-Santé N°4 - 2026

Government of Niger, Health Cluster, World Health Organization — Niger

Le Niger évolue dans une transition politique et socio-économique complexe, marquée à la fois par des défis humanitaires persistants et des perspectives de stabilisation progressive. L’amélioration des relations avec le Bénin, le renforcement de la coopération avec l’Algérie et les pays de l’Alliance des États du Sahel, ainsi que le prêt de 105 millions USD accordé par la BOAD, ouvrent des perspectives favorables pour l’approvisionnement en produits essentiels, l’énergie, l’agriculture et le secteur de la santé. Toutefois, ces avancées interviennent dans un contexte fragile, où l’insécurité, les déplacements de populations, les chocs climatiques récurrents et une charge épidémiologique élevée continuent de fragiliser l’accès aux services sociaux de base, en particulier dans les zones affectées par les crises humanitaires. La situation sécuritaire demeure particulièrement préoccupante dans les régions de Tillabéri, Tahoua, Diffa et Dosso, où les attaques armées aggravent les vulnérabilités des populations et perturbent l’accès humanitaire. La crise touche environ 549 000 personnes déplacées internes et 452 000 réfugiés et demandeurs d’asile, exerçant une pression accrue sur les structures sanitaires, les services WASH, la nutrition, la protection et les mécanismes de soutien communautaire. L’attaque de l’aéroport de Niamey en juin 2026 et celle du CSI d’Affala en avril 2026 ont notamment entraîné un renforcement des mesures de sécurité et perturbé la continuité des soins dans les zones concernées. Par ailleurs, les inondations ont affecté 2 572 personnes, causé 9 décès, 39 blessés et d’importants dégâts matériels, accentuant les besoins humanitaires dans les zones exposées. Ces impacts climatiques, combinés à l’insécurité et aux déplacements, renforcent les risques sanitaires, notamment dans les sites de déplacement et les communautés hôtes où l’accès à l’eau potable, à l’assainissement, à la vaccination et aux soins de santé demeure limité. Les principales tendances épidémiologiques cumulées de la semaine 1 à la semaine 29 de 2026 indiquent notamment :
• Rougeole : 10 354 cas et 16 décès, avec 50 districts en épidémie confirmée depuis le début de l’année et 11 districts encore suspects d’épidémie. Les régions les plus touchées sont Tillabéri, Niamey, Zinder, Dosso et Tahoua.
• Méningite : 1 950 cas suspects et 84 décès, soit une létalité de 4,4%. La région de Niamey concentre le plus grand nombre de cas notifiés, suivie de Zinder, Tahoua et Maradi.
• Diphtérie : 742 cas et 23 décès, avec 484 prélèvements réalisés dans 48 districts sanitaires sur 72, dont 146 cas positifs et 40 districts ayant notifié des cas confirmés.
• Hépatite virale E : 77 cas et 2 décès, principalement concentrés à Téra où un foyer a été confirmé, avec une prédominance des cas chez les femmes et les personnes âgées de 20 à 29 ans.
• Paludisme confirmé : 1 577 228 cas et 1 465 décès, confirmant le poids majeur du paludisme sur la morbidité et la mortalité au Niger.
• Coqueluche, rage et fièvre jaune : des cas suspects continuent d’être notifiés, avec 416 cas et 1 décès de coqueluche, 6 cas et 6 décès de rage, ainsi que 290 cas et 6 décès de fièvre jaune, sans confirmation biologique de fièvre jaune à ce stade.
• Cas suspects de choléra : Depuis le 23 juin 2026 jusqu’à la semaine 30, 70 cas au total ont été enregistrés dans la région de Diffa avec 1 décès soit (1,42%).

Cette situation épidémiologique intervient dans un contexte de vulnérabilités humanitaires persistantes. Les mouvements de populations, notamment les personnes déplacées internes, les réfugiés, les migrants et les communautés hôtes, augmentent les risques de propagation des maladies transmissibles, particulièrement dans les zones à forte densité de population, les sites de déplacement et les localités où l’accès à l’eau potable, à l’assainissement, à la vaccination et aux soins de santé reste limité. Les flambées de rougeole, de méningite, de diphtérie et d’hépatite virale E soulignent la nécessité de renforcer la surveillance intégrée de la maladie et la riposte, la vaccination réactive, la confirmation biologique, la prise en charge des cas, la prévention et le contrôle des infections, ainsi que la communication des risques et l’engagement communautaire. La charge élevée du paludisme rappelle également l’importance de maintenir les interventions de prévention, de diagnostic précoce et de traitement, en particulier pendant la saison de forte transmission. Dans l’ensemble, la situation humanitaire et sanitaire demeure préoccupante. La combinaison de la transition politique, des déplacements, de l’insécurité, des contraintes d’accès humanitaire, des inondations et de la circulation active des maladies à potentiel épidémique continue d’affecter la continuité des soins et la disponibilité des services essentiels. Face à ces défis, la sécurisation des structures sanitaires, le renforcement de la coordination multisectorielle, l’appui aux districts prioritaires, la mobilisation des ressources et le maintien de l’appui de l’OMS et de ses partenaires restent essentiels pour contribuer à réduire la morbidité, prévenir les décès évitables et protéger les populations les plus vulnérables.

Source : Government of Niger, Health Cluster, World Health Organization, publié via ReliefWeb (OCHA — Nations Unies). NigerInfos rediffuse ce document à titre d'information ; le contenu appartient à son organisation source.