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Société

Niger : création de l'Agence Nigérienne des Bourses (ANB)

Le Conseil des ministres a adopté, jeudi 29 octobre 2026, deux décrets portant création et approbation des statuts de l'Agence Nigérienne des Bourses. Cet établissement public reprend la gestion des allocations d'études, une mission longtemps partagée entre plusieurs institutions.

L'Université Abdou Moumouni de Niamey, principale bénéficiaire des bourses d'études que la nouvelle agence devra gérer.
L'Université Abdou Moumouni de Niamey, principale bénéficiaire des bourses d'études que la nouvelle agence devra gérer.

Le Niger se dote d'une institution dédiée à ses bourses d'études. Réuni jeudi 29 octobre 2026 sous la présidence du général d'armée Abdourahamane Tiani, le Conseil des ministres a adopté deux décrets portant création et approbation des statuts de l'Agence Nigérienne des Bourses, en abrégé ANB. Le texte ne crée pas une bourse supplémentaire. Il crée la structure qui devra désormais gérer l'ensemble des allocations versées aux étudiants.

Une mission reprise à l'ancien dispositif

L'agence n'arrive pas dans un vide institutionnel. D'après le communiqué du Conseil des ministres, sa création vise à « prendre en compte le transfert de la gestion des allocations auparavant assurée par l'ANAB au ministère de l'Éducation nationale, de l'Alphabétisation et de la Promotion des Langues ». Ce transfert remonte au décret n° 2023-068/PRN du 8 septembre 2023, qui a réorganisé le gouvernement et fixé les attributions des ministres.

Concrètement, la gestion des bourses était auparavant assurée par l'ANAB, une structure rattachée à l'enseignement supérieur, avant d'être basculée vers le ministère de l'Éducation. La création de l'ANB vient clore ce mouvement : l'État choisit de confier cette mission sensible à un établissement public autonome, plutôt que de la laisser naviguer entre plusieurs services.

Un établissement public à caractère administratif

L'ANB est créée sous la forme d'un établissement public à caractère administratif, un statut encadré par deux textes de référence : la loi n° 2020-020 bis du 3 juin 2020, qui fixe les règles de création des catégories d'établissements publics, et le décret n° 2021-924/PRN/MF du 1er novembre 2021, relatif à la tutelle, à l'organisation, au contrôle et aux modalités de fonctionnement de ces établissements.

Ce cadre juridique est le même que celui qui régit la plupart des agences publiques nigériennes créées ces dernières années. Il signifie que l'ANB aura ses propres organes de gestion, une tutelle ministérielle et un budget propre, mais aussi des obligations de transparence et de contrôle.

Ce que le décret laisse encore en suspens

Le communiqué officiel reste sobre. Il ne précise ni le budget prévisionnel de l'agence, ni le calendrier de son installation effective, ni le nom de son futur dirigeant. Autant d'éléments qui détermineront pourtant la réalité du changement.

La question la plus attendue est ailleurs : celle des retards de paiement. Au Niger, le versement des bourses a longtemps été marqué par des délais et des arriérés qui placent des milliers d'étudiants dans des situations difficiles, loin de chez eux, parfois sans autre ressource. Créer une agence, c'est poser l'outil. Faire en sorte qu'il paie à l'heure, c'est un autre chantier, qui ne se règle pas par décret.

Des milliers d'étudiants derrière un sigle

Derrière l'acronyme ANB, il y a des visages. Les bourses concernent les étudiants des universités de Niamey, de Maradi, de Tahoua, de Zinder, d'Agadez, de Diffa et de Dosso, ainsi que les boursiers envoyés à l'étranger. Pour beaucoup de familles nigériennes, cette allocation représente bien plus qu'un complément : c'est souvent la condition même de la poursuite des études.

Le pays a d'ailleurs vu ses universités se multiplier ces dernières années, avec notamment les nouvelles dénominations d'Agadez, de Diffa et de Dosso. Plus d'établissements, plus d'inscrits, donc plus de demandes de bourses. C'est précisément ce volume croissant que l'ANB devra absorber.

Reste à voir si la nouvelle agence parviendra à rendre la gestion des bourses plus lisible et plus fiable pour ceux qui en dépendent. Le décret est signé. La preuve, elle, se fera sur les relevés de paiement des étudiants.

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