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Politique et Gouvernance

Niger : l'OCRTIS muscle sa lutte antidrogue avec la 7e opération « Tamisée » à Niamey

Samedi 15 août, l'OCRTIS et les forces de sécurité de Niamey ont mené la 7e édition de l'opération « Tamisée » : 331 personnes interpellées, 25 conducteurs positifs aux stupéfiants, et un dispositif étendu jusqu'aux rives du fleuve Niger. Cette opération s'inscrit dans une progression continue des moyens déployés contre le trafic de drogue, alors que le Niger, longtemps pays de transit, fait face à une consommation intérieure grandissante que les autorités elles-mêmes reconnaissent sans détour.

Niger : l'OCRTIS muscle sa lutte antidrogue avec la 7e opération « Tamisée » à Niamey

Un dispositif à trois volets pour ratisser la capitale

L'opération « Tamisée », dont le nom signifie « Hagay » en zarma et « Tankaday » en haoussa, a mobilisé samedi l'Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS) aux côtés des Forces de Défense et de Sécurité réunies au sein du Conseil Régional de Sécurité de Niamey. Le dispositif s'est déroulé en trois phases complémentaires : un dépistage fixe et mobile des chauffeurs et usagers de la route aux principales barrières d'entrée et de sortie de la capitale, une opération coup de poing menée simultanément dans les cinq communes de Niamey, et une patrouille nautique sur les rives du fleuve Niger, où quatre pirogues et quatre motos ont été contrôlées.

Au terme de ces trois phases, le bilan communiqué par l'OCRTIS fait état de 331 personnes interpellées, dont 291 hommes, 13 femmes et 27 mineurs, ainsi que 25 conducteurs testés positifs à des substances psychoactives. Les saisies incluent des produits pharmaceutiques détournés, du matériel de consommation de chicha et divers biens dont l'origine reste à préciser. Il s'agit de la septième édition de ce type d'opération à Niamey, qui vient s'ajouter à une série d'interventions similaires menées ces derniers mois sous des noms de code différents.

Une intensification qui s'inscrit dans une tendance de fond

Cette opération n'est pas un coup isolé. Elle prolonge une dynamique amorcée depuis plusieurs années : selon les chiffres de l'OCRTIS repris par le ministère de l'Intérieur, le nombre d'interpellations liées à la drogue au niveau national est passé de 3 064 en 2018 à 5 532 en 2022, puis à 5 966 en 2023, pour atteindre 9 289 en 2025, soit une hausse d'environ 55 % en deux ans. Les autorités elles-mêmes assument ce constat sans le maquiller : le ministre de l'Intérieur a reconnu en avril dernier que le Niger, "jadis pays de transit", est "en train de devenir un pays de forte consommation", pointant une inquiétude croissante liée à la présence de la drogue jusque dans les établissements scolaires.

Cette franchise officielle s'accompagne de résultats opérationnels concrets : en mai 2026, l'OCRTIS annonçait à Zinder la saisie record de 268 kilogrammes de cocaïne dissimulés sous la remorque d'un camion, sur un itinéraire reconstitué reliant le Ghana, le Togo, le Bénin, le Nigeria et le Niger vers la Libye. Mais toutes les opérations coup de poing ne débouchent pas systématiquement sur des poursuites pour l'ensemble des personnes interpellées : lors d'une opération comparable menée en juillet 2025 ("Mai-Mai/Yaara"), sur 233 personnes interpellées, seules 59 avaient finalement été placées en garde à vue pour des faits de drogue avérés, les autres relevant d'autres motifs ou ayant été relâchées. Le communiqué de l'OCRTIS sur "Tamisée" ne donne pas ce niveau de détail pour l'édition du 15 août, ce qui invite à la prudence sur l'interprétation du chiffre brut de 331.

Un débat qui dépasse les frontières du fait divers

Cette progression des interpellations alimente aussi un débat éditorial plus large. Début août, Jeune Afrique publiait un article titré "Du PNDS à la junte : au Niger, les routes de la drogue restent grandes ouvertes", suggérant une forme de continuité dans la tolérance des autorités successives face aux trafics. Des médias nigériens, ont répliqué en opposant les chiffres officiels à cette lecture, rappelant les saisies record et la hausse constante des moyens engagés par l'OCRTIS. Sans trancher ce débat, il faut noter que les deux lectures s'appuient sur les mêmes données de base : le Niger reste, de par sa position géographique entre le golfe de Guinée, le Sahel et le Maghreb, un point de passage recherché par les réseaux transnationaux, ce que confirment les rapports internationaux sur le narcotrafic ouest-africain.

Ce que cette opération révèle des priorités sécuritaires de Niamey

L'ampleur du dispositif déployé samedi, jusque sur le fleuve, illustre la volonté des autorités de ne laisser aucun espace de la capitale à l'écart des contrôles. Pour l'OCRTIS, l'objectif affiché dépasse la seule répression : il s'agit aussi d'assainir les zones identifiées comme criminogènes à Niamey. Cette approche recoupe une priorité plus large de la Refondation, qui associe lutte contre l'insécurité, restauration de l'autorité de l'État et protection de la jeunesse face à des phénomènes que les autorités décrivent elles-mêmes comme grandissants.

Ce qu'il faut surveiller maintenant

Le nombre d'opérations de ce type menées à Niamey depuis un an montre une capacité opérationnelle réelle, mais aussi la persistance du phénomène qu'elles visent à endiguer. La prochaine étape à suivre sera le sort judiciaire réservé aux personnes interpellées samedi, en particulier les mineurs, ainsi qu'une éventuelle communication de l'OCRTIS sur les quantités précises de stupéfiants saisies lors de cette septième édition.

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