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L'actualité du Niger et de la sous-région

Niger : trois ans de CNSP, le bilan de la Refondation en cinq points

Le 26 juillet 2026, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) boucle sa troisième année à la tête du Niger. Placée sous le mot d'ordre « Refondation », cette journée, déclarée fériée, sera marquée par des cérémonies à travers le pays. Retour sur trois ans d'un pouvoir qui a profondément remodelé le Niger.

Niger : trois ans de CNSP, le bilan de la Refondation en cinq points

Trois ans. Le 26 juillet 2023, les militaires du CNSP prenaient les rênes du Niger. Ce samedi 26 juillet 2026, le pays célèbre ce troisième anniversaire sous le signe de la Refondation, mot d'ordre du général Abdourahamane Tiani, président de la République et chef du CNSP.

Une journée fériée légale, instituée pour commémorer ce que les autorités appellent « la souveraineté retrouvée ». Au programme : discours officiel du chef de l'État, cérémonies dans les chefs-lieux de région, et une couverture spéciale de l'Agence nigérienne de presse (ANP) avec reportages, interviews et visites de terrain.

Que retenir de ces trois années ?

Sur le plan diplomatique, le Niger a opéré un virage radical. Dénonciation des accords de coopération militaire avec la France en décembre 2023, puis retrait des forces françaises achevé fin 2024. Même sort pour l'accord avec les États-Unis en mars 2024.

En parallèle, Niamey a renforcé ses liens avec ses voisins de l'AES — Mali et Burkina Faso — et diversifié ses partenariats. Russie, Chine, Turquie, Iran : la Confédération des États du Sahel a multiplié les accords bilatéraux.

Sur le plan sécuritaire, la situation reste contrastée. Les attaques de groupes armés persistent à Tillabéri, Diffa et dans la zone des trois frontières. Mais les autorités mettent en avant plusieurs opérations de reconquête menées par les forces de défense et de sécurité, désormais épaulées par des partenaires russes et, dans une moindre mesure, turcs.

Une souveraineté économique en chantier

Le volet économique du programme de Refondation a connu des avancées inégales. La création de la TNUC (compagnie nationale d'uranium) en septembre 2024 visait à reprendre la main sur la principale ressource minière du pays. Un protocole signé avec Uranium One Group (Rosatom) en décembre 2025 doit permettre d'augmenter la production.

Dans l'agriculture, les autorités annoncent une hausse de la production vivrière grâce aux investissements dans l'irrigation. Mais les prix des denrées de base restent élevés, et l'inflation continue de peser sur les ménages.

Le passeport biométrique AES, symbole de l'intégration régionale, a été lancé en juillet 2026. Le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine s'est fait enrôler le 23 juillet, geste hautement symbolique.

Des critiques persistantes

Ce troisième anniversaire n'efface pas les tensions. Human Rights Watch a publié le 23 juillet un rapport très critique sur la situation des droits humains, pointant la détention de l'ancien président Bazoum, les déchéances de nationalité et les restrictions des libertés.

L'opposition, largement en exil, continue de dénoncer ce qu'elle qualifie de « confiscation du pouvoir ». À l'intérieur du pays, la société civile oscille entre adhésion au discours de souveraineté et inquiétude face à la durée d'une transition dont le terme n'est pas fixé.

Et maintenant ?

Le CNSP n'a pas annoncé de calendrier électoral précis. Le chronogramme de l'AES prévoit une période de transition de 2 à 5 ans. Nous en sommes au mois 36.

Le discours du général Tiani ce 26 juillet sera scruté. Annoncera-t-il des échéances ? De nouvelles réformes ? Une prolongation de la transition ?

Une chose est sûre : en trois ans, le Niger a changé de visage. Reste à écrire le chapitre suivant.

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