NIGERIA : 30 MORTS DANS UNE ATTAQUE À KADUNA, LA COLÈRE MONTE CONTRE L'INACTION DES AUTORITÉS
Au moins 30 personnes, dont huit enfants, ont été tuées dans la nuit du 26 au 27 juillet 2026 lors d'une attaque contre le village de Naridon, dans l'État de Kaduna, au nord-ouest du Nigeria. Une tuerie qui relance la controverse sur la protection des communautés rurales, deux semaines après une autre attaque meurtrière dans l'État de Benue, aux bilans très disputés.
Précision utile pour les lecteurs nigériens : cette attaque a eu lieu dans l'État de Kaduna, au Nigeria, et n'a aucun lien géographique avec la République du Niger. Le Nigeria compte par ailleurs un État appelé « Niger State », distinct lui aussi du Niger, ce qui alimente régulièrement des confusions dans la presse régionale. Nigerinfos traite ce dossier pour sa portée régionale en matière de sécurité, sans amalgame de frontières.
Constat, le déroulé de l'attaque
Des hommes armés ont attaqué le village de Naridon, dans le quartier de Kamaru, zone de gouvernement local de Kauru (État de Kaduna), aux environs de minuit dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 juillet 2026. Selon plusieurs médias nigérians, les assaillants ont ouvert le feu de manière indiscriminée, incendié des maisons et des commerces, tuant au moins 30 personnes, dont huit enfants. Quatre autres personnes ont été blessées. Amnesty International évoque des scènes particulièrement violentes, avec des familles entières exécutées. Aucun groupe n'a revendiqué l'attaque à l'heure de la publication. Selon des responsables communautaires, le même village avait déjà été attaqué à la même période l'an dernier.
Colère politique et réactions officielles
Le gouvernement de l'État de Kaduna, longtemps critiqué pour son silence face aux attaques répétées dans le sud de la région, a fini par condamner la tuerie sous la pression de l'opinion publique et a ordonné aux forces de sécurité d'intensifier les recherches contre les responsables. Le président nigérian Bola Tinubu a exprimé sa compassion aux familles des victimes et ordonné une enquête approfondie, selon la présidence. L'ancien vice-président Atiku Abubakar a de son côté dénoncé l'échec du gouvernement Tinubu à protéger les populations, affirmant que « les Nigérians ont besoin de sécurité, pas de lettres de félicitations venues de capitales étrangères ». Un collectif chrétien, Christians in Politics, a appelé le président, le gouverneur Uba Sani et les services de sécurité à traduire les auteurs en justice. Amnesty International a qualifié cette attaque de l'une des plus meurtrières enregistrées ces dernières années dans le sud de l'État de Kaduna.
Un Nigeria confronté à des bilans qui divergent d'une attaque à l'autre
Cette tuerie survient deux semaines seulement après une autre attaque, le 12 juillet, contre la communauté d'Otukpo-Nobi, dans l'État de Benue, où les bilans varient fortement selon la source : la police de l'État de Benue a fait état de huit morts et cinq blessés, des résidents et des médias locaux ont évoqué jusqu'à 18 morts, tandis qu'Amnesty International Nigeria a recensé au moins dix morts. Cette divergence récurrente entre bilans policiers et bilans d'organisations de défense des droits humains illustre une difficulté structurelle à établir des faits incontestés dans les zones rurales touchées par ces violences, entre lenteur de vérification, accès limité au terrain et enjeux politiques locaux.
Deux attaques, deux États, deux bilans contestés : le Nigeria reste confronté à une insécurité rurale persistante que les autorités peinent à endiguer autant qu'à documenter avec exactitude. Nigerinfos suivra l'enquête annoncée par la présidence nigériane et actualisera les bilans humains dès que des sources officielles convergentes seront disponibles.
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