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Afrique du Sud : la vague anti-migrants vide Johannesburg pendant que l'État gèle les caisses de la ville

Plus de 160 000 étrangers ont quitté l'Afrique du Sud depuis fin mai, poussés dehors par une vague de manifestations anti-migrants relayée par Operation Dudula, parfois meurtrière. Au même moment, le Trésor sud-africain gèle 220 millions de dollars destinés à Johannesburg pour mauvaise gestion municipale - deux crises distinctes qui prospèrent sur le même terreau : des services publics saturés et un chômage qui frôle les 32 %.

Afrique du Sud : la vague anti-migrants vide Johannesburg pendant que l'État gèle les caisses de la ville

Le 2 juillet 2026, plus de 900 personnes ont été arrêtées lors de manifestations anti-immigration dans les provinces du Gauteng, du KwaZulu-Natal et du Cap-Occidental. Porté par le mouvement Operation Dudula, dirigé par Zandile Dabula, ce mouvement a institutionnalisé des rassemblements réguliers dans plusieurs quartiers de Johannesburg et de Pretoria, malgré une injonction de la Haute Cour du Gauteng-Sud lui interdisant, depuis novembre 2025, de bloquer l'accès des migrants aux structures de santé.

Le bilan humain s'alourdit : sur les cinq premiers mois de 2026, au moins 22 incidents xénophobes vérifiés ont été recensés, dont 14 attaques violentes ayant fait au moins quatre morts et des centaines de déplacés, selon l'observatoire Xenowatch. Entre 2022 et 2025, ce même organisme avait déjà comptabilisé 406 incidents et 75 morts. Face à cette escalade, la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples a publiquement déploré, fin avril, les attaques xénophobes et les actions de milices visant des ressortissants d'autres pays africains - un rappel que ce sont bien des Africains qui, ici, s'en prennent à d'autres Africains. Conséquence directe : plus de 160 000 étrangers ont quitté le pays depuis fin mai.

Parallèlement, sans lien direct établi avec cette crise migratoire, le Trésor sud-africain a annoncé geler 3,6 milliards de rands (220 millions de dollars) destinés à Johannesburg et à une soixantaine d'autres municipalités, en réponse à une gestion jugée défaillante - infrastructures dégradées, corruption, déficit budgétaire dépassant le milliard d'euros pour la seule ville de Johannesburg. Les municipalités concernées ont jusqu'à septembre pour prouver une réduction d'au moins 25 % de leurs dépenses jugées superflues.

Les deux crises, sans être causalement liées, s'alimentent du même terreau : un chômage national avoisinant 32 % - plus de 40 % chez les jeunes - et des services publics saturés, régulièrement instrumentalisés par les discours anti-migrants plutôt que d'interroger les vraies causes structurelles de la crise sud-africaine.

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