Après N'Djamena, le ministre algérien Ahmed Attaf en visite officielle à Niamey
Le chef de la diplomatie algérienne est arrivé mercredi 4 novembre à Niamey pour une visite officielle, au lendemain d'une étape à N'Djamena où il a remis un message du président Tebboune. Ce déplacement s'inscrit dans un rapprochement rapide entre Alger et Niamey, alors que plane encore la tension entre le Tchad et le Niger.
Le ministre d'État algérien des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l'étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, est arrivé mercredi 4 novembre à Niamey pour une visite officielle. Il posait le pied au Niger au lendemain d'une étape à N'Djamena, où il était porteur d'un message du président Abdelmadjid Tebboune à son homologue tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno. Le programme détaillé de l'étape de Niamey n'a pas encore été rendu public.
Une tournée sahélienne qui passe d'abord par le Tchad
Reçu mardi 3 novembre au palais Toumaï par le président tchadien, Ahmed Attaf avait été accueilli à l'aéroport international Hassan-Djamous par son homologue Ahmat Kogri. Selon les autorités tchadiennes, les échanges ont porté sur le renforcement de la coopération entre les deux pays. Arrivé en qualité d'envoyé spécial du chef de l'État algérien, le ministre s'est déplacé au moment où Niamey et N'Djamena cherchent à apaiser un différend né d'une frappe de drone.
Un rapprochement Alger-Niamey qui s'accélère
Ce déplacement ne part pas de rien. Depuis le dégel amorcé en février 2026, marqué par le retour réciproque des ambassadeurs et la visite du général Abdourahamane Tiani à Alger, les deux capitales ont enchaîné les gestes. La deuxième session de la Grande commission mixte s'est tenue à Niamey les 23 et 24 mars 2026, présidée par les Premiers ministres Sifi Ghrieb et Ali Mahamane Amin Zine. Les deux pays partagent une frontière d'environ 956 kilomètres, et Alger a livré quatre hélicoptères militaires le 9 août, puis quatre avions de combat Sukhoï-30 à la fin du même mois. Le 21 octobre, un pacte sécuritaire a été signé. Quatre jours plus tard, le 25 octobre, le Parlement algérien approuvait le déploiement d'unités de l'armée au Niger, notamment autour de la base de Madama.
Ahmed Attaf n'a jamais cessé de rappeler ce lien. En marge de l'Assemblée générale des Nations unies, le 26 septembre, il évoquait « la profondeur des liens historiques unissant l'Algérie aux pays voisins du Sahel et son engagement constant à renforcer les liens de fraternité, de solidarité, de bon voisinage et de coopération dans tous les domaines d'intérêt commun ».
Alger, médiateur entre Niamey et N'Djamena ?
L'étape tchadienne relève, selon plusieurs observateurs, de la médiation. Le différend entre les deux voisins remonte à une frappe de drone sur le site d'Emi Lulu, imputée au Tchad par Niamey et rejetée par N'Djamena. Vendredi 30 octobre, en marge du sommet Russie-Afrique de Moscou, les chefs de la diplomatie tchadienne et nigérienne, Ahmat Kogri et Bakary Yaou Sangaré, s'étaient entretenus. La partie tchadienne évoquait alors une voie choisie pour « désamorcer la crise ». La tournée d'Ahmed Attaf s'inscrit dans cette volonté d'apaisement, Alger étant l'un des rares acteurs à entretenir de bonnes relations avec les deux capitales.
L'énergie et le gazoduc en toile de fond
Derrière la diplomatie, les intérêts économiques pèsent. En début de semaine, la compagnie algérienne Naftal a livré au Niger une première cargaison de carburant, commandée par la Société nigérienne des produits pétroliers (Sonidep). Le gazoduc transsaharien, qui doit acheminer le gaz nigérian vers l'Europe via le Niger et l'Algérie, reste le grand projet structurant. Dans leur déclaration conjointe du 24 mars, les deux pays présentaient ce projet, avec la route transsaharienne et la fibre optique transfrontalière, comme des « leviers essentiels de l'intégration économique et de la connectivité régionale ». La compagnie Sonatrach, via sa filiale Sipex, est déjà engagée sur le champ pétrolier de Kafra, dans le nord du Niger.
Reste à savoir ce que cette visite produira de concret pour Niamey. Sur le plan de la sécurité, de l'énergie ou de la médiation régionale, les attentes sont réelles. La réponse se jouera dans les prochains jours.
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