Assimi Goïta à Niamey : le président malien accueilli par le général Tiani
Le général d'armée Assimi Goïta, chef de l'État du Mali, est arrivé ce jeudi 5 novembre 2026 à Niamey, où son homologue nigérien Abdourahamane Tiani lui a réservé un accueil aux honneurs. Une visite d'amitié et de travail qui se poursuit le jour même au Burkina Faso et qui consolide l'axe entre les trois pays de la Confédération des États du Sahel.
Le général d'armée Assimi Goïta a foulé le tarmac de l'aéroport international Diori Hamani aux environs de 13 heures, heure locale. À sa descente d'avion, le chef de l'État malien a été reçu par le général d'armée Abdourahamane Tiani, à la tête du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) au Niger. Une image qui en dit long : les deux hommes sont les visages de cette Confédération des États du Sahel (AES) qui, depuis 2023, a redessiné les alliances au cœur du continent.
Des honneurs militaires et une parenthèse culturelle
Le protocole a été complet. Les deux chefs d'État ont d'abord suivi l'exécution des hymnes nationaux du Mali et du Niger, avant de passer en revue les troupes alignées pour l'occasion. Le président Goïta a ensuite salué les personnalités nigériennes et les diplomates accrédités venus l'accueillir.
Le programme a ménagé une note plus vivante. Des artistes chanteurs et danseurs nigériens ont offert au chef de l'État malien une prestation culturelle traditionnelle, rappelant que cette visite se veut d'abord une rencontre entre deux peuples qui partagent une histoire, une langue et un voisinage.
Après un bref entretien au salon présidentiel de l'aéroport, les deux dirigeants sahéliens ont rallié le Palais de la Présidence pour une séance de travail. C'est là que se sont noués les échanges de fond.
Un même jour, deux capitales de l'AES
Cette escale à Niamey n'est qu'une étape. La présidence malienne l'a annoncé : le déplacement d'Assimi Goïta se poursuit le jour même à Ouagadougou. En quelques heures, le chef de l'État aura ainsi relié deux des trois capitales de la Confédération des États du Sahel. Un rythme qui dit, à lui seul, la priorité accordée à la consolidation de l'axe régional.
« Ce déplacement s'inscrit dans le cadre du renforcement des relations de coopération et de fraternité entre les pays membres de la Confédération des États du Sahel », indique le communiqué de la présidence malienne.
Une confédération bâtie en deux temps
La Confédération AES ne date pas d'hier. Ses fondations ont été posées en septembre 2023 avec la charte de Liptako-Gourma, signée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Une étape décisive a été franchie en juillet 2024, à Niamey, avec la création formelle de la confédération.
Trois piliers structurent cette alliance : la défense et la sécurité, le développement, et la diplomatie. C'est sur ce triptyque que les trois États ont décidé de bâtir leur coopération, loin des cadres hérités de la période précédente.
Sécurité, économie, stratégie : les chantiers communs
Selon l'Agence Nigérienne de Presse (ANP), les enjeux sécuritaires, économiques et stratégiques figurent parmi les axes majeurs de cette dynamique commune. La rencontre de Niamey doit permettre de « consolider davantage les liens entre les deux nations et de réaffirmer leur volonté commune de poursuivre la marche vers la souveraineté, l'indépendance et le développement de leurs peuples ».
Le contexte régional donne à cette visite une résonance particulière. Niamey concentre ces jours-ci l'attention diplomatique : le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, y était encore la veille, le 4 novembre. Assimi Goïta, lui, revient tout juste de Moscou, où s'est tenu le 3e sommet Russie-Afrique les 28 et 29 octobre. Autant de mouvements qui dessinent une capitale sahélienne devenue un carrefour.
Trois chiffres pour comprendre
Le déplacement d'Assimi Goïta s'appuie sur un socle mesurable. La Confédération AES compte trois pays membres. La charte qui l'a initiée remonte à septembre 2023. La confédération elle-même a été créée en juillet 2024 à Niamey. En une journée, le président malien aura enchaîné deux capitales de cette alliance.
Cette visite d'un jour, qui enjambe deux frontières, rappelle que les capitales sahéliennes avancent désormais en ordre serré. Reste à voir si la fréquence de ces rencontres se traduira en décisions concrètes sur les chantiers sécuritaires et économiques que les trois États partagent. La suite se jouera à Ouagadougou, puis, dans les semaines qui viennent, à l'épreuve des faits.
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