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Sahel et AES

Niger-Mali : engagement renouvelé pour l'AES et la lutte contre le terrorisme

Assimi Goïta a effectué jeudi 5 novembre une visite de travail et d'amitié à Niamey. Au terme des échanges, un communiqué conjoint réaffirme l'engagement du Niger et du Mali à consolider la Confédération des États du Sahel et à intensifier la lutte contre le terrorisme.

Le général d'armée Assimi Goïta accueilli par son homologue nigérien, le général Abdourahamane Tiani, à l'aéroport Diori Hamani de Niamey, le 5 novembre 2026. (ANP)
Le général d'armée Assimi Goïta accueilli par son homologue nigérien, le général Abdourahamane Tiani, à l'aéroport Diori Hamani de Niamey, le 5 novembre 2026. (ANP)

Le général d'armée Assimi Goïta a atterri jeudi 5 novembre 2026 vers 13 heures à l'aéroport international Diori Hamani de Niamey. Le président de la transition malienne venait répondre à l'invitation de son homologue nigérien, le général Abdourahamane Tiani, pour une visite de travail et d'amitié de quelques heures.

L'accueil avait les formes d'une rencontre d'État. Hymnes nationaux, revue des troupes, prestation d'artistes nigériens, le protocole a été complet. Sur le trajet vers le palais de la présidence, une foule s'est massée le long des artères, drapeaux du Niger, du Mali et de l'AES à la main. Le Premier ministre, les membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie et de hautes autorités civiles et militaires étaient aussi du déplacement.

La Force unifiée au centre des échanges

Après un tête-à-tête, les deux chefs d'État ont présidé une séance de travail élargie à leurs délégations. La situation sécuritaire dans l'espace confédéral a tenu l'essentiel des discussions. Dans le communiqué conjoint lu par le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, les deux dirigeants se sont félicités « des actions de la Force unifiée de la Confédération qui ont permis d'engranger des succès dans le domaine de la lutte contre le terrorisme ».

La Force unifiée est l'outil militaire commun des trois États. Lancée en décembre 2025 avec un effectif de départ estimé à 5 000 hommes, elle a depuis été renforcée. Les deux présidents ont rendu hommage aux militaires et aux civils tombés, souhaité un prompt rétablissement aux blessés et réaffirmé leur détermination à éradiquer le terrorisme sous toutes ses formes.

Ce satisfecit intervient dans un climat sécuritaire tendu. Le 29 janvier 2026, l'État islamique au Grand Sahara a frappé l'aéroport de Niamey avec un drone, une première pour ce groupe au Niger. Le 18 juin, une nouvelle attaque contre l'infrastructure a été déjouée par les forces de défense et de sécurité, quinze assaillants neutralisés. Au Mali, les opérations se poursuivent dans les secteurs de Gao, Ménaka et Kidal.

Le financement de la Force unifiée repose sur les fonds nationaux des trois pays : le Fonds de soutien patriotique burkinabè, le Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie nigérien et le Fonds de soutien aux projets de base et de développement social malien. Un choix assumé, pour ne pas dépendre d'un bailleur extérieur unique, à la différence du G5 Sahel, dissous en décembre 2023.

Des mercenaires et leurs parrains étrangers dans le viseur

Le communiqué condamne les tentatives de déstabilisation visant les États de la Confédération, attribuées à des mercenaires et à leurs soutiens étatiques étrangers. Aucun pays n'est nommé. La formule revient avec insistance depuis plusieurs mois, à mesure que Bamako, Niamey et Ouagadougou consolident leur alliance et dénoncent ce qu'ils présentent comme des ingérences.

L'Alliance des États du Sahel est née de la charte du Liptako-Gourma, signée le 16 septembre 2023. Cette zone des trois frontières, où se rejoignent les territoires malien, burkinabè et nigérien, reste le foyer de la violence des groupes armés. En juillet 2024, les trois pays ont franchi une étape de plus en se constituant en Confédération des États du Sahel.

Une diplomatie confédérale qui se fait entendre

Sur le front diplomatique, Tiani et Goïta se sont félicités de « la coordination de l'action diplomatique qui a permis de renforcer la position de la Confédération en tant qu'entité au niveau sous-régional, régional et international ». Les positions communes se multiplient, des consultations avec la Russie jusqu'aux échanges avec la CEDEAO, après un retrait devenu effectif le 29 janvier 2025.

L'économie et l'intégration, au-delà du sécuritaire

Les échanges n'ont pas porté que sur la défense. Les deux chefs d'État ont évoqué la libre circulation des personnes et des biens, les infrastructures de transport, le développement agro-industriel et l'exploitation des ressources énergétiques et minières. Autant de chantiers qui dessinent ce que la Confédération entend devenir au-delà du seul volet militaire.

Goïta a invité Tiani à effectuer une visite officielle au Mali. L'invitation a été acceptée, la date sera fixée par la voie diplomatique. Le président malien a quitté Niamey le jour même, raccompagné à l'aéroport par son homologue. Sa tournée devait le conduire ensuite au Burkina Faso, troisième membre de la Confédération.

Reste une question de fond. Entre une diplomatie qui s'affirme et une Force unifiée qui monte en puissance, l'AES tient-elle enfin le rythme d'une alliance durable, ou se contente-t-elle, visite après visite, de réaffirmer ce qu'elle a déjà dit ?

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