SAISON AGRICOLE 2026 : DE BONS SEMIS, MAIS UNE INSÉCURITÉ QUI MENACE LES ZONES DE PRODUCTION
La campagne agricole 2026 démarre bien à Tahoua et Dosso, avec des semis largement achevés et un appui de l'État en intrants. Mais ces mêmes régions, notamment Tahoua, figurent aussi parmi les zones classées en insécurité alimentaire de Crise par FEWS NET à cause des conflits. Le paradoxe résume le double risque qui pèse sur la récolte 2026.
Alors que le gouverneur de Tahoua rappelait les FDS à la vigilance fin juillet, les directions régionales de l'Agriculture faisaient état d'un démarrage prometteur de l'hivernage dans cette même région. Deux réalités qui se superposent sur la même carte, et que les paysans nigériens doivent gérer simultanément : produire, et se protéger.
Constat, une campagne qui démarre bien sur le papier
Les semis sont désormais largement achevés à Tahoua et Dosso, et les cultures évoluent dans des conditions jugées favorables selon les données communiquées par les directions régionales de l'Agriculture. L'État a apporté un appui en semences, engrais et produits phytosanitaires, un soutien salué par les producteurs concernés.
Ce que dit FEWS NET sur la sécurité alimentaire
Le réseau de surveillance de la sécurité alimentaire FEWS NET classe pourtant la situation en insécurité alimentaire aiguë de Stress (Phase 2 de l'IPC) sur la quasi-totalité du pays pour la période février-septembre 2026, avec un risque de persistance jusqu'en septembre. Plus grave, la persistance des conflits maintient un niveau de Crise (Phase 3 de l'IPC) à Tillabéry, Diffa et Tahoua, précisément l'une des régions où la campagne agricole démarre le mieux. Les déficits de consommation alimentaire persistent dans les zones de conflit, où l'insécurité perturbe les routes et l'approvisionnement des marchés.
Enjeux, ce qui peut limiter la casse
Deux éléments jouent en faveur de la disponibilité alimentaire malgré tout : les stocks de la campagne 2025/2026, complétés par les stocks de report, et le maintien des mesures gouvernementales d'interdiction de sortie des céréales, qui visent à garder la production sur le marché intérieur. Ces mesures permettent d'assurer une disponibilité des denrées, en particulier dans les zones non affectées par les conflits. Reste la question des zones affectées, où la bonne tenue des cultures ne suffira pas si l'accès aux champs et aux marchés reste entravé par l'insécurité.
La campagne agricole 2026 illustre une équation devenue familière au Sahel : produire correctement ne suffit pas si la sécurité ne suit pas. Nigerinfos suivra les prochaines mises à jour de FEWS NET et les prix des céréales sur les marchés de Niamey, Maradi et Tahoua pour mesurer l'impact réel sur les ménages.
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