Niger : l'État crée l'Observatoire national du « Consommons Nigérien »
Le Conseil des ministres a adopté jeudi 29 octobre 2026 le décret créant l'Observatoire national du « Consommons Nigérien » (ONCN). Placé sous l'autorité du Premier ministre, ce nouvel organe devra collecter les données sur la consommation locale et orienter la promotion des produits du pays.
Le Niger vient de se doter d'un instrument nouveau pour appuyer ce qu'il produit. Réuni jeudi 29 octobre 2026 à Niamey sous la présidence du Général d'Armée Abdourahamane Tiani, le Conseil des ministres a adopté le décret portant création, missions et organisation de l'Observatoire national du « Consommons Nigérien », en abrégé ONCN.
Le slogan, lui, ne date pas d'hier. « Consommons Nigérien » s'affiche depuis des années sur les affiches de campagne, dans les foires et les discours officiels. Ce qui change, c'est que la formule se donne désormais un organe permanent, chargé de transformer une exhortation en politique publique mesurable.
Un organe rattaché directement au Premier ministre
Le texte adopté place l'ONCN sous l'autorité directe du Premier ministre. Le choix n'est pas anodin. En le fixant à la Primature plutôt qu'à un ministère sectoriel, l'État dit que la question ne relève pas d'un seul département. Le communiqué du Conseil décrit l'observatoire comme « un organe intersectoriel d'orientation des politiques économiques relatives à la promotion de la consommation des produits, des biens et services locaux ».
Sa mission déborde donc le champ agricole ou artisanal. Elle traverse tous les secteurs où le Niger produit, fabrique ou transforme.
Cinq missions pour passer du slogan à la donnée
Le décret confie cinq missions précises à l'ONCN. La première est sans doute la plus attendue : « collecter, analyser et publier les données sur la consommation locale ». Ce que le Niger consomme, en quelles quantités, et quelle part provient de l'intérieur, personne ne le mesure aujourd'hui avec rigueur. L'observatoire devra produire ces chiffres.
Il lui revient ensuite d'évaluer les politiques publiques et les initiatives privées déjà en cours, de proposer des orientations stratégiques et d'animer les cadres de dialogue public-privé. Il devra enfin suivre et coordonner, avec les ministères concernés, les actions de promotion des produits locaux.
Le privé et la société civile autour de la table
La composition de l'ONCN en dit long. Le décret y fait siéger des représentants du secteur public, du secteur privé et de la société civile. Trois familles d'acteurs qui se croisaient peu de manière organisée sur cette question. Les réunir dans un même organe, c'est choisir la concertation plutôt que la seule décision administrative.
Le ferroviaire et l'aviation en même temps au menu
Le Conseil du 29 octobre n'a pas traité que de consommation locale. Les ministres ont validé d'autres textes. Parmi eux, la création de la Société Nigérienne de Transport par Rails (SNTR), qui s'inscrit dans la stratégie de développement du transport ferroviaire de la Confédération des États du Sahel. Plusieurs décrets sur l'aviation civile ont aussi été adoptés, dont la mise en place du Comité national de sûreté de l'aviation et du Comité national de l'environnement des aéroports.
Le potentiel local en chiffres
La création de l'ONCN intervient alors que le Niger cherche à valoriser ce qu'il produit. Les résultats de la dernière édition de la foire Abinci'Niger donnent la mesure du potentiel : 100 stands d'exposants, un chiffre d'affaires déclaré de 120 millions de francs CFA et plus de 10 000 visiteurs. Au total, 74 mets ont été recensés pour alimenter un futur catalogue national.
C'est ce genre de données que l'observatoire devra consolider à l'échelle du pays. Il reste à connaître les moyens humains et financiers qui lui seront alloués, et le rythme de ses premières publications. Le décret crée l'outil. La portée du « Consommons Nigérien » se jugera d'abord à sa capacité de produire des chiffres fiables, puis de peser sur les décisions.
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