Riz local à prix subventionné : Zinder lance sa deuxième phase avec 125 tonnes
Le gouverneur de Zinder a lancé lundi 2 novembre la deuxième phase de vente du riz local subventionné. Cinq mille sacs de 25 kg, soit 125 tonnes de riz 100 % nigérien, sont mis sur le marché de la région. Une opération portée par l'ONAHA et le FSSP pour rendre le riz du pays accessible aux ménages.
Les sacs sont alignés sur la tribune officielle de Zinder. Ce lundi 2 novembre, le Colonel Massalatchi Mahaman Sani, gouverneur de la région, a donné le coup d'envoi de la deuxième phase de vente du riz local à prix subventionné. Autour de lui, le secrétaire général de la région, le représentant du comité de gestion du Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP), le représentant du directeur général de l'Office national des aménagements hydro-agricoles (ONAHA), le représentant du Sultan de Damagaram et le chef du groupement touareg. Tous réunis pour une même denrée : 125 tonnes de riz produit par des coopératives nigériennes.
5 000 sacs à des prix cassés
Concrètement, 5 000 sacs de 25 kg sont mis à la disposition des ménages de Zinder. Trois qualités sont proposées. Le riz Bondourey L1 est vendu à 10 500 francs le sac. Les riz Brabous-ko L3 et Dambou sont cédés à 8 000 francs l'unité. Du riz décortiqué dans les usines de la Riz du Niger (RINI), après avoir été cultivé par les coopératives rizicoles sur les aménagements hydro-agricoles encadrés par l'ONAHA, de Niamey à Gaya, de Tillabéri à Kassama.
« Un acte de souveraineté »
Le gouverneur n'a pas présenté cette opération comme une simple vente. « Cette opération est bien plus qu'une simple transaction commerciale, mais un engagement politique fort, un acte de souveraineté, car consommer ce qui est produit sur notre propre sol, c'est reprendre en main notre destin alimentaire », a-t-il déclaré.
Il a aussi invité la population à « sortir massivement pour acheter ce riz », tout en demandant aux distributeurs et aux gestionnaires des stocks de faire de « la transparence et l'équité les maîtres mots de cette opération ».
Le FSSP apporte 300 millions de francs
Le FSSP n'est pas en reste. À travers une deuxième convention conclue avec l'ONAHA, le fonds apporte une contribution de 300 millions de francs CFA. Cet argent sert à acheter le riz paddy auprès des producteurs nigériens à un prix rémunérateur, à le faire transformer, puis à le revendre à prix subventionné.
Selon le représentant du comité de gestion du FSSP, « cette deuxième phase couvre désormais les huit régions de notre pays, avec l'ambition de toucher au moins 100 000 ménages ». Au-delà des chiffres, précise-t-il, « c'est avant tout une ambition profondément humaine qui nous anime ».
Un produit stratégique pour la souveraineté
Pour Issaka Dan Naraba, représentant du directeur général de l'ONAHA, le riz local « est un produit stratégique pour la sécurité alimentaire et la souveraineté économique de notre pays ». « Nous mettons aujourd'hui à la disposition de la population de Zinder 125 tonnes, soit 5 000 sacs de 25 kg de riz 100 % nigérien. C'est un acte fort, un acte de souveraineté », a-t-il affirmé.
Il a rappelé que l'opération s'inscrit dans l'axe 3 du programme du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), qui vise le développement des bases productives pour la souveraineté économique.
De l'embargo au levier
L'histoire de ce riz remonte au 26 juillet 2023. Après l'arrivée du CNSP au pouvoir, le Niger a fait face à un embargo et à une fermeture des frontières imposée par la CEDEAO. Face aux risques d'insécurité alimentaire, le chef de l'État a lancé le Programme de Grande Irrigation. Trois ans plus tard, l'excédent de la production rizicole issue de la campagne 2025 est vendu à prix réduit aux Nigériens. Zinder avait déjà accueilli une première opération en mars, pendant le Ramadan, avec plus de 120 tonnes de riz local « Gardi ».
La question qui reste posée est celle de la régularité. Les opérations se succèdent au fil des fêtes et des saisons. L'objectif annoncé par le FSSP va plus loin : vendre, à terme, 3 000 tonnes de riz blanc, soit 120 000 sacs de 25 kg, et acheter 40 000 sacs de paddy directement aux producteurs. Pour les ménages de Zinder, ce lundi 2 novembre, l'essentiel était plus simple : un sac de riz du pays, à un prix que le marché ne propose plus toujours.
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