Amical Niger-Togo : les Menas de Badou Zaki à l'heure du bilan à Casablanca

Ce mardi 31 mars, l'équipe nationale du Niger — les Menas — dispute son deuxième match de la fenêtre FIFA de mars face aux Éperviers du Togo, à Casablanca. Coup d'envoi à 17h00. Au-delà du résultat, c'est l'état de forme d'une sélection en reconstruction que l'on observe — à quelques mois des qualifications pour la CAN 2027.

Amical Niger-Togo : les Menas de Badou Zaki à l'heure du bilan à Casablanca

Un rendez-vous au Maroc pour mesurer le chemin parcouru

C'est à Casablanca que les Menas ont posé leurs valises le 22 mars 2026, pour un regroupement de dix jours dans le cadre de la fenêtre internationale FIFA. Le choix du Maroc n'est pas anodin : absence d'infrastructures suffisantes pour organiser des matchs internationaux au Niger, et nécessité de préparer les joueurs dans des conditions optimales loin des contingences logistiques sahéliennes.

Cette double confrontation en amical — la première est déjà passée, la seconde c'est aujourd'hui face au Togo — s'inscrit dans un cycle de préparation plus long. Le Niger est en pleine reconstruction d'un projet sportif ambitieux. Depuis que Badou Zaki, ancien portier international marocain et entraîneur chevronné, a pris les rênes de la sélection, les Menas cherchent leur vitesse de croisière. Et les signaux récents sont encourageants : lors du dernier classement FIFA publié, le Niger a réalisé la plus forte progression mondiale, passant de la 117e à la 108e place, et grimpant de la 32e à la 26e position en Afrique.

Aujourd'hui, à 17h00, c'est l'heure de confirmer — ou pas — cette tendance.


Les Menas face aux Éperviers : deux équipes en chantier

Face au Niger, le Togo de Patrice Neveu, fraîchement nommé sélectionneur, dispute sa deuxième sortie de la semaine. Les Éperviers ont obtenu un match nul 2-2 contre la Guinée lors de la première journée, un résultat qui a laissé Neveu insatisfait. "On doit beaucoup mieux gérer", a reconnu l'entraîneur français après le match contre la Guinée, cité par L'Equipe 228. Pour le Togo, ce match contre les Menas est une occasion de corriger les lacunes défensives constatées.

Du côté nigérien, le groupe convoqué par Badou Zaki affiche un mélange de cadres expérimentés et de jeunes profils prometteurs. Le capitaine Issoufou Oumarou, dit Ballé, assure le leadership. La progression du collectif est visible match après match, même si les matchs amicaux révèlent encore des fragilités structurelles — notamment dans le jeu en transition et la gestion des coups de pied arrêtés.

La composition probable du Niger s'articule autour d'un bloc défensif compact, avec un milieu de terrain axé sur la récupération. En attaque, Victorien Adebayor reste la principale menace offensive. Le dispositif de Badou Zaki reste pragmatique : ne pas prendre de buts, être efficace sur les phases offensives, travailler les automatismes.


La CAN 2027 en ligne de mire, un projet qui dépasse le score du jour

Ce match amical n'est pas une fin en soi. Les matchs de mars 2026 servent de base de travail pour préparer les prochaines échéances qualificatives pour la Coupe d'Afrique des Nations 2027, prévue en Afrique de l'Est. Avec 108e rang mondial et une dynamique de progression inédite dans l'histoire récente du football nigérien, les Menas ont désormais une légitimité sportive à défendre.

L'enjeu va au-delà du rectangle vert. Le football est l'un des rares espaces où le Niger peut exister positivement sur la scène continentale et internationale, au-delà des actualités sécuritaires et géopolitiques qui dominent la couverture médiatique du pays. Chaque victoire des Menas est une fenêtre d'identification collective pour des millions de Nigériens, en particulier les jeunes et la diaspora.

"Les matchs amicaux, ça sert à tester, à essayer, à faire des erreurs qu'on corrige avant les vrais enjeux", expliquait un membre du staff technique nigérien lors du regroupement à Casablanca (source : Nasuba Infos). L'objectif déclaré reste la qualification pour la CAN 2027 — une première que le Niger n'a jamais réalisée avec un tel classement en poche.

Le contexte sahélien impose aussi une réalité : l'équipe nationale ne joue pratiquement jamais à domicile. Le stade général Seyni Kountché de Niamey est régulièrement inutilisable pour les matchs internationaux homologués, faute de mise aux normes. Résultat : les Menas sont une équipe sans terrain, contrainte de se "recevoir" à l'étranger. C'est un paradoxe douloureux que les supporters nigériens connaissent bien.


Un score compte, une dynamique compte plus

Le match de ce soir contre le Togo restera une rencontre sans enjeu classement. Mais il dira quelque chose de l'évolution du groupe — de sa capacité à maintenir un niveau de jeu cohérent sur deux matchs consécutifs, à gérer l'intensité physique, à mettre en pratique ce que le staff travaille à l'entraînement.

Si les Menas terminent cette fenêtre FIFA avec deux résultats positifs, ce sera un signal fort envoyé à l'ensemble du football nigérien. Et au-delà du score — quelle que soit son issue — ce déplacement au Maroc confirme une chose : l'équipe nationale du Niger existe, elle progresse, et elle s'impose comme un sujet sérieux dans le paysage footballistique africain.

Rendez-vous à 17h00 ce mardi à Casablanca.